Un spoc pour les compétences numériques

février 2015

Lors de ce premier semestre 2014-2015, nous avons proposé un SPOC « Compétences numériques » aux étudiants de licence de l’Université de Cergy. Et ça a plutôt bien marché.

Qui c’est « nous » ? Précision utile, ce SPOC est un travail collectif avec enseignants et ingénieurs pédagogiques. Chacun étant impliqué dans plusieurs projets, l’investissement sur celui-ci est bien sûr inégal. Disons qu’il s’agit d’une équipe de 5 personnes (membres du SEFIAP à l’UCP), avec deux moteurs : un enseignant (chut, c’est moi) et une ingénieure pédagogique (CAD pour ne pas la « dénoncer » complètement). Quatre étudiants tuteurs complètent l’équipe pour le suivi au quotidien.

Quel objectif ? Il s’agit de proposer, de manière transversale, aux étudiants des différentes composantes de l’Université, d’acquérir des compétences numériques de bases. L’enseignement de fait à distance, avec simplement un amphi de présentation et un examen final. Entre les deux, défilent huit modules d’une semaine, avec des thèmes tournant autour de la maîtrise de son environnement numérique et de la production de documents numériques.

Quels étudiants ? Ce fut la surprise de la rentrée de septembre : sans communication, simplement parce qu’une composante a inscrit cet enseignement dans sa maquette, nous nous retrouvons avec 500 inscrits, certains « par hasard ». 400 sont actifs tout au long des huit semaines et 380 se présentent à l’examen final.

Comment ça se passe ? Il s’agit d’un SPOC (small private online cource), car on retrouve ici la structure d’un MOOC (xMOOC pour être plus précis) cadencé. Chaque semaine, une vidéo d’écran (2 à 3 min.) présente les objectifs. Des explications sont données, des activités sont proposées, des conseils sont fournis (sous forme de tutoriels vidéos), une évaluation intervient soit sous forme de quizz, soit sous forme de documents à déposer avec évaluation par les pairs. Un forum et un chat sont disponibles, très peu utilisés (c’est une source d’inquiétude, mais les travaux demandés sont effectués ; ce qui lève l’inquiétude)

Beaucoup de surprises. Nous pensions mettre en place des ateliers, dans des salles informatiques, en présence de tuteurs, pour répondre à une demande… qui n’est jamais venue. Seuls trois rendez-vous individuels ont été pris. Devant cette absence de demandes : nous nous sommes d’abord inquiétés. Mais les travaux demandés étant régulièrement effectués, nous avons été vite rassurés. Les étudiants tuteurs scrutent la remise des travaux, repèrent le manque d’activité, relancent les retardataires, proposent un appui par courriel.

L’examen final se déroule en deux parties :

Il est un peu trop tôt pour donner des résultats définitifs (le jury ne s’est pas encore réuni) mais en première estimation 75 % ont la moyenne avant tout repêchage éventuel. Cela qui ne veut pas dire grand-chose : ce que nous demandons est simple. Il n’y a pas de difficulté conceptuelle, ni de pièges techniques. L’objectif est de montrer ce qui existe et de faire en sorte que les étudiants puissent trouver par eux-mêmes une réponse au moment où la question se pose.

Ce résultat est néanmoins significatif : dans cet enseignement totalement à distance, une majorité d’étudiants est allée au bout de la démarche. Ils ont visiblement trouvés entre eux, car ils sont dans les mêmes enseignements présentiels, les conseils et les encouragements dont ils avaient besoin.

Nous ferons prochainement une enquête auprès des participants de ce SPOC. Nous en saurons plus sur les ressorts et les motivations de leurs activités. Mais franchement, les résultats dépassent mes prévisions les plus optimistes.



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Thierry Marchand,

thierry@onef.fr