Enseignement et numérique : pour une formation initiale discordante

février 2015

Il y a en matière de numérique toute une série de fausses oppositions entre les usages et les outils, entre les objectifs pédagogiques et les contraintes technologiques, entre la théorie et la pratique.

Pourtant, en matière de formation initiale des enseignants, l'objectif est clairement double : 

Il faut bien accepter une certaine discordance entre ces deux exigences mais il y a une évidence : si l'on admet que le numérique apporte des solutions, on doit aussi admettre qu'elles ne peuvent pas être figées, qu'elles sont appelées à évoluer. Ce qui est important, ce n'est donc pas de les enseigner, mais d'en permettre l'expérimentation.

Pour cela, il faut :

Ce dispositif sera source de discordances car en fonction des contextes et des compétences de chacun, il créera plus de débats que de consensus. Mais il permettra à chacun d'initier une démarche d'utilisation des outils numériques qu'il pourra consolider par la suite.

Dans le C2I2E mis en place à l'UPMC en 2011, ma démarche allait dans ce sens. Les étudiants devaient expérimenter deux outils numériques choisis parmi quatre : TNI, boîtiers de réponses, screencast (maintenant je dis plutôt vidéo d'écran) et un serveur d'exercices (WIMS). C'est le côté pratico-pratique de cette exigence qui avait provoqué un changement de regard des étudiants : ce qui leur apparaissait au départ comme une contrainte artificielle est devenu une mise en situation (parfois ludique) qui les a conduits à se poser des questions et à proposer des éléments de réponses. Si je devais recommencer aujourd'hui, les outils seraient sans doute différents (j'ajouterais probablement un outil pour l'écriture collaborative), mais la démarche serait la même.

L'un des défis de la masterisation, c'est d'avoir des enseignants ayant un aperçu de la recherche : quel beau terrain que le numérique pour se livrer à une recherche expérimentale !



retour

Thierry Marchand,

thierry@onef.fr