Enseignement et numérique : lever les réticences ?

mercredi, Fév 18 2015

Le numérique ne prend pas la place qui devrait être la sienne dans l’éducation. Et au-delà de la longue liste des freins en tous genres, il y a deux (et seulement deux ?) raisons qui font qu’un enseignant refuse les solutions qui lui sont proposées.

La première est d’une évidence simplissime : pour s’intéresser à une solution, il est nécessaire qu’il y ait un problème !

La deuxième raison du refus des éventuelles solutions numériques est tout aussi évidente : il ne faut pas que la « solution » apporte encore plus de problèmes.

Désolé si ma formulation comporte quelques éléments ironiques, mais c’est pour faire apparaître que, dans le premier cas, il arrive parfois qu’un peu de lucidité change la donne, et que dans le deuxième, c’est l’absence de compétences numériques qui est souvent la véritable source du refus.

La réponse, c'est la formation bien sûr, mais quelle formation ? Il y a en matière de numérique toute une série de fausses oppositions entre les usages et les outils, entre les objectifs pédagogiques et les contraintes technologiques, entre la théorie et la pratique. Pourtant, en matière de formation initiale des enseignants, l'objectif est clairement double : 

Il faut bien accepter une certaine discordance entre ces deux exigences mais il y a une évidence : si l'on admet que le numérique apporte des solutions, on doit aussi admettre qu'elles ne peuvent pas être figées, qu'elles sont appelées à évoluer. Ce qui est important, ce n'est donc pas de les enseigner, mais d'en permettre l'expérimentation.

Pour cela, il faut :

Ce dispositif sera source de discordances car en fonction des contextes et des compétences de chacun, il créera plus de débats que de consensus. Mais il permettra à chacun d'initier une démarche d'utilisation des outils numériques qu'il pourra consolider par la suite.

Dans le C2I2E mis en place à l'UPMC en 2011, ma démarche allait dans ce sens. Les étudiants devaient expérimenter deux outils numériques choisis parmi quatre : TNI, boîtiers de réponses, vidéos d'écran et un serveur d'exercices (WIMS). C'est le côté pratico-pratique de cette exigence qui a provoqué un changement de regard des étudiants : ce qui leur apparaissait au départ comme une contrainte artificielle est devenu une mise en situation (parfois ludique) qui les a conduits à se poser des questions et à proposer des éléments de réponses. Si je devais recommencer aujourd'hui, les outils seraient sans doute différents (j'ajouterais probablement un outil pour l'écriture collaborative), mais la démarche serait la même.

L'un des défis de la masterisation, c'est d'avoir des enseignants ayant un aperçu de la recherche : quel beau terrain que le numérique pour se livrer à une recherche expérimentale !



Dernière modification le mercredi, 18 février 2015

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Thierry Marchand,

thierry@onef.fr