Pourquoi ONEF ?

juin 2014 (ouverture du blog)

Depuis quelques années, j’assure des formations que j’ai intitulées « Outils Numériques pour l’Enseignement et la Formation ». Cet intitulé ne relève pas du consensus, c’est peu de le dire. L’opposition usages / outils donne naturellement la priorité aux premiers : à quoi peut bien servir un outil s’il ne permet aucun usage ?

Ne pas consacrer de temps aux outils c’est prendre le risque de s’émanciper de la pratique, de faire l’impasse sur les contingences de la technologie. Et la caricature n’est pas loin : parler de « pédagogie numérique » dans un contexte dématérialisé où le numérique devient un concept sans aucun support physique, passer des heures à distinguer les « usages pertinents d’un tableau numérique» de ceux qui ne le sont pas, sans prendre le temps de faire manipuler (c’est trop risqué).

Mon point de vue est inverse : l’objectif n’est pas de dire ce qui est pertinent ou pas, mais de permettre à l’enseignant ou au formateur de pratiquer pour qu’il puisse choisir ce qui lui sera utile dans son contexte. Et ce n’est pas simple.

Pour poursuivre avec l’exemple du tableau numérique (magnifique outil quasi systématiquement ignoré), dans mes formations je montre 4 ou 5 fonctionnalités de bases et je demande ensuite aux participants de monter, en une demi-heure par groupe de 3, une mini activité. Les questions fusent alors : « est-ce qu’on peut faire ceci ou cela » que j’essaye de faire évoluer en « je voudrais faire ceci ou cela ». La nuance est importante : il ne s’agit plus d’un questionnement théorique, d’une curiosité intellectuelle mais du début d’une réalisation, du passage à l’acte.

Et c’est ce passage à l’acte et la réflexion qu’il provoque, qui peuvent déclencher une démarche d’appropriation.

Lorsque je présente un outil, je ne le vends pas. J’essaye de présenter des usages pour inviter les participants à tenter l’aventure. Et là, tout est possible : « ça ne me sert à rien », « c’est trop compliqué pour moi », « ça peut m’aider pour faire ceci », « ça va permette de faire cela avec mes élèves ».

Proposer des outils, faire manipuler puis déclencher une réflexion collective : c’est à mon avis la meilleure façon de déclencher des usages.

Juin 2014

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Thierry Marchand,

thierry@onef.fr