Avec le numérique, repérer rapidement les risques de décrochage

Difficile de le savoir avec précision, mais le nombre d’étudiants décrocheurs est très importants, à tel point que dans certaines universités ont peut estimer que la moitié des étudiants de première année se perd en route. Au niveau national, c’est plus d’un quart des étudiants de 1ère année de licence qui sortent du système (http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2013/44/7/NI_MESR_13_10_283447.pdf)

De fait aujourd’hui, le premier symptôme de du risque de décrochage, c’est l’absentéisme dont les causes sont multiples : on ne peut pas mettre dans la même case un étudiant ayant déniché un emploi à temps partiel et celui qui préfère aller au cinéma plutôt que suivre un cours.

Il y a un indicateur beaucoup plus pertinent : c’est la réussite aux examens, mais il arrive en général trop tard. On peut s’appuyer également sur le contrôle continu, plus fréquent.

Supposons maintenant que le cours utilise une plateforme pédagogique, et que chaque semaine les étudiants y trouvent les ressources utiles, au minimum l’équivalent du polycopié. Il est facile d’y ajouter un simple QCM, dont le premier objectif est simplement de vérifier que tel document a été « ouvert », que telle activité a été « démarrée ». Il ne s’agit pas forcément de faire une évaluation, qui prendrait plus de temps, avec des objectifs plus ambitieux, mais simplement de provoquer des actions qui laisseront des traces qui pourront être exploitées.

Toute plateforme pédagogique propose des outils de suivi permettant de voir les résultats et donc de détecter l’absence d’activité. Une fois détecté le risque de décrochage, quels moyens faudra-t-il mettre en œuvre pour tenter d’y remédier ? Ce n’est pas le numérique qui apportera la solution. Il faudra des dispositifs de soutien, des démarches d’orientation. Mais une détection précoce des risques est un levier pour les enseignants, chargés de cours ou de TD, les secrétaires pédagogiques, les cellules en charge de la lutte contre le décrochage. Le numérique n’apporte pas une solution à lui tout seul, mais il peut faciliter la mise en place de réponses adaptées aux différentes situations rencontrées.

Dans notre SPOC « compétences numériques », ce sont les étudiants tuteurs qui vérifiaient les travaux et relançaient les retardataires en leur proposant de l’aide. C’est un élément essentiel d’un SPOC : il nous a bien aidés à atteindre un taux de réussite de 66% des inscrits. Ce pourrait être un élément important pour lutter contre le décrochage.

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Thierry Marchand,

thierry@onef.fr