La règle des trois unités

mai 2015

Le cinéma a aboli la règle théâtrale des 3 unités (de temps, de lieu, d’action). De la même manière, le numérique abolira la triple case horaire des emplois du temps scolaires : une classe, une salle, un prof.

Toute la construction (ancienne) de nos écoles, collèges et lycées (actuels) est fondée sur cette contrainte. Cela constitue un cadre rigide qui n’encourage guère à l’innovation. Alors à défaut de pouvoir manipuler les espaces, les enseignants sont tentés de décaler les activités dans le temps en demandant aux élèves de faire chez eux ce qui ne peut pas se faire en classe.

Il y a en effet trois modalités à articuler, à la fois dans l’espace et dans le temps : le travail collectif (classe entière), le travail de groupes et le travail individuel. Nos établissements scolaires sont construits pour le premier et ne facilitent pas les deux autres. Il suffit d’ailleurs d’installer (c’est facile) et savoir utiliser (ça vient vite quand on s’y met) un tableau numérique interactif pour faire entrer le numérique dans la classe.

C’est plus compliqué pour ce qui concerne le travail individuel. Il ne s’agit plus simplement de lire, s’exercer et mémoriser. Il s’agit aussi, en ligne, de consulter des ressources, voire les rechercher et les sélectionner, pour ensuite les exploiter. Chaque élève doit alors accéder lui-même au web, avoir le matériel et la connexion nécessaires.

C’est également compliqué pour le travail de groupe. Il devient à la fois plus utile et plus facile lorsqu’on dispose de bons équipements : ordinateurs partagés avec grands écrans tactiles par exemple. Mais cela est cher, fragile, et demande une organisation particulière des espaces.

C’est compliqué, mais il faut s’y atteler : l’établissement scolaire ne peut pas se contenter d’accueillir le travail collectif et de renvoyer les élèves chez eux pour le reste.



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Thierry Marchand,

thierry@onef.fr