Le numérique change l’évaluation

mercredi, Jui 25 2014

 

Une copie, c’est une copie : une fois qu’elle est rendue, elle ne bouge plus. Un document numérique peut facilement évoluer, être amélioré. Peut-on dire qu’un devoir rendu par un élève, ou un étudiant, peut lui aussi évoluer ? Peut-on ajouter que la note elle-même peut évoluer, être améliorée ?

C’est en passant du collège à l’université que, grâce au numérique, j’ai totalement changé ma façon d’évaluer les travaux qui me sont remis. À mes débuts, je notais comme mes professeurs avaient noté. En maths, mettre « une sale note » était fréquent. J’expliquais aux élèves que c’était une note sur une copie et non un jugement sur une personne. Mais je voyais bien les dégâts et l’acte de noter m’est apparu lourd de conséquences, parfois trop lourd. J’ai beaucoup bricolé, mais je n’ai jamais réussi à sortir du cadre, à mettre en place au collège un système de notes qui me convienne.

À l’université, dans le cadre d’un enseignement sur les compétences numériques et le C2i en licence, tous mes TD ont lieu dans des salles informatiques et les travaux me sont remis sous forme numérique.

Dès le début, en 2008, j’ai pris deux décisions : le barème sera simple et les notes insuffisantes ne seront pas définitives, elles pourront être améliorées après une première correction. Le barème va de 1 à 3 :

Cela permet de faire cohabiter une évaluation par compétences (nécessaire dans le cadre du C2i) et une note sur 20 (pour l’UE de licence), calculée à partir de l’ensemble des notes des TD, dans le cadre d’un contrôle continu. Le côté provisoire de la note est très motivant : l’objectif est de réussir, même si on a manqué la première étape. Une fois le résultat atteint, l’échec est effacé alors que dans le cadre traditionnel il laisse un handicap (pour compenser un 5, il faudra ensuite un 15).

Ce système me convient, et convient aux étudiants. Alors, pourquoi ne l’ai-je pas mis en place au collège ? Probablement parce qu’avec des copies manuscrites, il aurait fallu refaire. Et demander de refaire, c’est imposer un pensum. Alors que maintenant, il s’agit simplement de modifier pour améliorer.

Le document numérique n’est pas figé, il se construit par étapes. Avec lui, l’évaluation gagne en dynamisme.

Dernière modification le vendredi, 03 octobre 2014

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Thierry Marchand,

thierry@onef.fr